Confinement : développons notre savoir sur le Coronavirus

Tout savoir sur le Coronavirus

Autant ne pas rester dans l'ignorance, et pour pouvoir combattre les fakes news, PerolsBlog a pris son bâton de pèlerin en allant fouiller les sites scientifiques les plus reconnus (Science et Vie, Futura Science, National Géographic,...). Ouais, chacun fait comme il peut pour s'occuper intelligemment pendant le confinement. Un petit topo utile aussi lors des prochaines épidémies… vu comme c'est parti, on ne se fait plus trop d'illusion. Allez go, pour devenir un véritable nerd du corona !

Commençons par utiliser les bons mots ! 
- CORONAVIRUS (ou virus en forme de couronne) est en réalité un terme générique pour désigner une famille de virus. Le vrai coupable est le SARS-CoV-2, contraction de "Syndrome Actuel Respiratoire Sévère du CoronaVirus n°2" (le n°1 étant celui du SRAS de l'épidémie entre 2002 et 2003).
- COVID-19 désigne la conséquence qui est la maladie. CO" signifie "corona", "VI" pour "virus" et que "D" pour "disease" (maladie en anglais). 19 indique l'année de son apparition : 2019.

D'où vient ce virus ?
C'est un virus dit "zoonotique", d'origine animale donc transmissible de l'animal à l'homme. Un postulat arbitraire décidé par les scientifiques pour deux raisons principales : sa ressemblance génomique avec le SRAS de 2003 (lui-même issu d'un animal, la chauve-souris) et son origine géographique (un marché aux animaux à Wuhan en Chine).

Comment est-il passé de l'animal à l'homme ?
Le mode de transmission est anecdotique en réalité, sans réel intérêt scientifique. La grande énigme est de savoir comment le virus a pu muter à l'intérieur de l'homme pour devenir transmissible entre humains ensuite (un peu comme le sida : d'abord VIS dans le singe, devenant VIH dans l'homme, puis contagieux entre hommes). Au final peu importe, ce mutant est là, et il faut le combattre.

Ce virus mute-t-il encore ?
Big question ! Celle qui alimente les rumeurs les plus folles cherchant à justifier une contagion qui serait de plus en plus virulente depuis son départ de Chine, avec la théorie d'un virus de plus en plus agressif. Si c'est le cas (et c'est vrai que la mutation est courante avec les coronavirus), rien ne prouve que les nouvelles souches seraient plus dangereuses. De plus leurs fortes similitudes, souvent proche à 99,9%, offrent peu de variante, toutes susceptibles d'être détruites par la découverte d'un même vaccin globalisant.

Ce virus est-il dangereux ?
Très ! Si on ne le freine pas, il pourrait tuer plus que n'importe quelque autre virus actuel au monde malgré son faible taux de létalité (nombre de morts par rapport aux nombres de gens infectés). Sa forte contagiosité lui permet d'infecter plus de monde, et donc d'en tuer plus en proportion. 
Pour comparaison : le VIH plus mortel utilise le sang moins transmissible, Ebola plus létal utilise les fluides corporels moins contagieux. Le SRAS-CoV-2 utilise lui les projections de postillons ultra contaminants (plusieurs dizaines de millions de copies du virus dans un millilitre de crachat).
Son autre arme de destruction massive : la dissimulation. Là où son cousin, le SRAS n°1, mettait environ 4 jours à déclencher des symptômes (permettant de confiner rapidement les malades et endiguer la contagion), le SARS-CoV-2 peut mettre 15 jours propices à une propagation colossale. Sa faculté à épargner les plus jeunes pour un faire ses soldats contagieux est aussi remarquable.

Comment ce virus tue ?
Chaque virus a son lieu d’encrage dans le corps. Le VIH c'est le sang, la RAGE le système nerveux,... le SARS-CoV-2 ce sont les voies respiratoires. Quand il décide de tuer, c'est d’abord le poumon sa principale victime, provoquant une insuffisance respiratoire meurtrière.
Malheureusement, à la différence du virus de la grippe, les coronavirus ont la particularité de pouvoir aussi d’infecter les cellules d’autres organes. Ils créent alors un "chaos infectieux" fatale chez les personnes déjà malades ou immunodéprimées. On peut décéder alors d'insuffisance rénale ou de défaillance cardiaque.

Autre force du Sars-Cov-2 : il se lie avec 10 à 20 fois plus d'affinité
 à l'ACE2 (récepteur du virus chez l'homme) que le Sars-Cov-1.

Trouvera-t-on un vaccin ?
Assurément OUI ! Si on ne sait pas où et quand le virus passe à l’action dans le corps, on sait parfaitement comment ! On connaît la clé qu'il utilise (sa protéine Spike - de l'anglais Spike, "pointe, épi"- qui lui confère l'aspect en couronne) pour entrer dans la cellule, et la serrure qu'il va ouvrir (récepteur ACE2 de la cellule). 
On connaît aussi parfaitement le matériel chimique (son ARN) utilisé pour parasiter la cellule et faire des bébés (son objectif ultime). Le but des chercheurs est donc de modifier la clé du virus ou empoissonner son ARN. 
La chloroquine, promue par le chercheur Didier Raoult, est la première réponse en cours d’expérimentation. Elle joue un rôle de destructeur du virus à l’intérieur de la cellule (endosome) en l’empêchant de modifié l’acidité propice à son installation. Le virus ne peut plus se reproduire et meurt.
Trouver le vaccin mettra 1 mois, l'expérimentation pour sa commercialisation prendra 2 à 3 mois de  plus. Entre temps, il peut tuer en masse, d'où le confinement (seul défense disponible pour nous).

Si vous êtes calés en anglais, je vous recommande cette vidéo géniale d’un authentique nerd pour devenir un Sheldon Cooper du coronavirus : >> Corona Virus: Epidemiology, Pathophysiology, Diagnostics 

NB : toutes ces infos ont un caractère général. Inutile de venir bombarder de commentaires pour signaler les nuances, les exceptions, les précisions. Surtout dans un but à peine voiler de minimiser la gravité du sujet (croisade "anti-spychose") ou pour faire l’apologie du complotisme.

--------- Pérols ----------

2 commentaires:

  1. En fait, SARS = Severe Acute Respiratory Syndrome.

    Cf le site de l'ICTV (https://talk.ictvonline.org/) qui fait autorité dans le domaine.

    Un virologue

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  2. "Le mode de transmission est anecdotique en réalité, sans réel intérêt scientifique."

    Sans intérêt scientifique, je ne sais pas, mais non pas sans intérêt sociétal ou éthique. Car je trouve qu'il est au contraire très intéressant d'essayer de comprendre d'où est venu ce type de virus ! S'il vient d'un laboratoire de recherche, ça remet en avant la question éthique suivante : ne doit-on pas légiférer bien plus sévèrement ce type de recherches ? Est-ce qu'il n'est pas tant d'arrêter de jouer aux apprentis-sorcier et de jouer également ainsi avec nos vie ?

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