Pérols marche à la taurine

Après la disparition de la pêche en étang et de la viticulture, seul l’héritage de la tauromachie survit à Pérols. Ici, comme en Camargue toute proche, on n'utilise guère le mot '"tauromachie" mais plutôt celui de "bouvine".

Comme beaucoup de villages du Languedoc méridional, Pérols organisait autrefois pour ses fêtes votives (notamment la fête patronale) des courses camarguaises de fortune avec des arènes improvisées, formées de charrues des vignerons. D’abord place de la mairie, puis sur l’ancien terrain de la Martégale avec des estrades en bois.

Arènes de Pérols

Il faudra attendre 1960 et la motivation de son maire de l’époque, Jean Planchon, pour voir naître une véritable arène en dur. Le coût de cette dernière, validée par le comité des fêtes du village, sera remboursée en partie par les recettes des concerts de stars nationales de l’époque (Johnny Hallyday, Jacques Brel, Claude François, Henri Salvador, Petula Clark, Sacha Distel,…). Des chaises étaient disposées au milieu de l’arène. Une photo a même immortalisé la présence dans les tribunes de Jackie Kennedy. 

Aujourd’hui l’arène vit au rythme de la saison taurine, des Rameaux à la Toussaint, avec un pic en été (particulièrement la Saint-sixte II).

Courses camarguaises à Pérols
Pérols, pourtant 11e ville de l’Hérault, possède la 5ième plus grande arène taurine du département (et la plus grande de l’agglomération montpelliéraine). Elle fait partie des 8 arènes du département vraiment en dur, avec coulisses, dans un style typiquement taurin.
- Béziers : 13 100 places (76 000 hab.) - construite en 1897
- Palavas : 4700 places (6 200 hab.) - construite en 1966
- Lunel : 4000 places (26 000 hab.) - 1889, rénovée en 2018
- Grau du Roi : 3000 places (8 500 hab.) - construite en 1960
- Pérols : 2200 places (9 200 hab.) - construite en 1960
- Mauguio : 2000 places (17 000 hab.)
- Le Crès : 1500 places (9 200 hab.)
Règles de la course camarguaise

Règles des courses camarguaises
Course Camarguaise pour les nuls 

Très simple : un  raseteur (du provençal rasa = raser, d’où le geste dit du "raset") doit attraper, à l’aide d’une sorte de peigne (le crochet), les attributs attachés sur le front du taureau. Chaque attribut offre des primes en euros (annoncées par haut-parleurs) et des points (pour un classement final).

Le raseteur se fait assister d’un tourneur, chargé de détourner l’attention du taureau par des cris, pour commencer sa course en ayant un temps d’avance et éviter une charge du taureaux avec trop d’élan. 

Des sonneries et un générique audio (cours extrait de l’Opera Carmen de Bizet) rythment le déroulement.

Le spectacle se décompose en 3 parties :
- Cérémonie d’entrée des raseteurs avec salut : Capelado.
- Courses de 6 taureaux (1/4 heures chacun) avec une entracte de 15 min.
- Remise des récompenses.
  • Trophée des As = championnat des cadors. Réparti en plusieurs endroits, il couronne par une finale le raseteur de catégorie 1 (sorte de 1er division) ayant totalisé le plus de points toute la saison. Une Commission est chargée d’établir ce classement. Finale en octobre. 
  • Trophée de l’Avenir = championnat des espoirs. Réparti en plusieurs endroits, il couronne le raseteur de moins de 24 ans ayant totalisé le plus de points toute la saison. 
  • Trophée des raseteurs = championnat des amateurs. Pour ceux qui ne sont pas en catégorie 1, et ont plus de 24 ans. 
  • Cocarde d'or = le tournoi le plus prestigieux, dans la capitale de la Camargue (Arles). C’est un peu le Wimbledon de la course camarguaise. On en est à la 85e édition. Se déroule débût Juillet.
Abrivade et bandide
Bandido Pérols
Chaque Manade possède son propre fer de marquage et sa propre corcade, tel un blason

De la couse camarguaise découlent deux autres fêtes taurines dans les villages : l’abrivade et la bandide.

Sans camion à l’époque, il fallait bien conduire les taureaux du pré à l’arène, et inversement. C’était le rôle des guardians de surveiller le troupeau au passage des villages, car bien souvent les gamins n’hésitaient pas à bousculer les bêtes pour jouer. 

Depuis, cette tradition perdure avec des lâchers de taureaux, encadrés par les guardians à cheval, dans des rues sécurisées par des barrières. L’abrivade - abrivado, en provençal - est la course du matin (censée rappeler l’accompagnement du pré à l’arène). La bandide - bandido, en provençal - est la course du soir (celle ramenant les taureaux au pâturage).

Pérols enciero
Abrivado 2017 à Pérols
Bourguine puis Encierro

Avec la disparition de la bourgine à Pérols, comme dans la plupart des villages du Languedoc, on pratique maintenant l’Encierro.

La bourgine (nom provençal de la corde) consistait à promener un taureau dans le village, attaché à une longue corde par ses cornes. Les habitants laissaient les portes de leur maison ouvertes pour permettre aux participants de se réfugier quand le taureau s’emballait. 

Cette pratique a été jugée trop dangereuse. On l’a remplacé par l’Encierro, consitant à lâcher le taureau libre dans des rues barriérées, à la grande joie des habitués en mal de sensations fortes. Les cornes du taureau ou de la vachette sont généralement emboulées. Au bout d’un moment, le taureau fatigué retourne seul se réfugier dans le camion transporteur dont la porte est restée ouverte spécialement.

Bourgine taurine
Enciero 2017 à Pérols

---- Liens ----

Fédération Française de la Course Camarguaise : www.ffcc.info
Toril TV : toriltv.com
Blog Midi Libre dédié : coursecamarguaise.midiblogs.com
Bouvine Info : www.bouvine.info

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