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Une députée européenne, pérolienne de coeur

France JAMET à Pérols

France Jamet vient d’être élue députée française au Parlement Européen hier. Elle fait donc parti des deux seules députées à représenter l’Hérault dans cette enceinte. Mais elle est aussi une pérolienne de cœur. Elle a ouvert sa permanence à Pérols depuis plus d’un an au Parc d'Activité de l'Aéroport. Son père habite le village dont il est une figure, ancien combattant présent aux commémorations, candidat aux élections locales, et actuel conseiller municipal. Elle a accepté de nous répondre :

Avant de commencer, la question que tous les observateurs locaux se posent avec l’installation de votre permanence politique sur la commune, ainsi que votre présence régulière aux cérémonies commémoratives dans le village : avez-vous jeté votre dévolu sur Pérols, ou est-ce juste un repli vers le terroir suburbain pour fuir le landerneau politique du clapas ?

Il n’y a aucun signe particulier ni justification hâtive à tirer de tout cela. J’ai des attaches de longue date avec la ville de Pérols et c’est toujours avec plaisir que je me rends sur le terrain au contact des Péroliennes et des Péroliens.

Si vous deviez vanter les charmes de Pérols à vos collègues étrangers au Parlement européen, quels seraient-ils ? 

Il y a tant de choses à dire. Son cadre de vie, ses traditions,son identité, le soleil, la mer, le sourire… A l’inauguration de ma permanence, Gerolf ANNEMANS, Président du MENL, venu très gentiment tenir une conférence sur l’Europe et le futur de nos civilisations, en est reparti conquis et émerveillé.

Vous exercez déjà quatre mandats dont un porté par les suffrages d’une partie des électeurs de Pérols (le régional). En vous présentant à cette élection européenne, vous les sollicitiez à nouveau. Faut-il comprendre que vos mandats actuels n’offrent pas l’efficacité politique souhaitée par vous ? Cela ne fait-il pas trop de mandats ? 

Je n’ai que 2 mandats (j’ai démissionné avec regrets, de celui de Conseillère municipale et de Métropole de Montpellier) et ils sont complémentaires. J’ai toujours considéré qu’il fallait garder un mandat local pour garder un ancrage dans nos territoires et dans la réalité du quotidien. Je précise, au passage, qu’avec l’écrêtement je ne perçois aucune indemnité du Conseil régional. 

Votre collègue sudiste, Louis Aliot, avait choisi d’abandonner son mandat de députée européen obtenu aussi avec des voix de pérolien(nes) pour celui de député français obtenu exclusivement sur une circonscription à 158 km. Certains ont donc pu se sentir lésé à Pérols. Feriez-vous le même choix si la situation se présentait à vous ? 

Avec Louis, les Perpignanais, bien sûr, ont un ardent défenseur de leur territoire, mais je vous rappelle que le rôle du député est de « faire la loi » pour les Français, c’est une représentation nationale pour un mandat national. Nos compatriotes ont voté pour notre liste du Grand Sud Ouest, où j’occupais la 4ème position, et comme lui, je continuerai de défendre les Français, dans le cadre d’une représentation française au Parlement européen. Je suis là où les électeurs et les intérêts de la France m’ont placée, j’irais là où ils m’inviteront à les défendre. 

Vous étiez en 20e position sur la liste européenne menée par votre parti. Avec Gilbert Collard, cela fait quand même peu pour une province du Languedoc grande pourvoyeuse de voix pour votre parti, non ? 

La liste du Rassemblement National est parfaitement équilibrée entre toutes nos régions, qu’elles soient pourvoyeuses de voix ou pas, chacune mérite d’être représentée. Nous sommes aussi et avant tout des femmes et des hommes représentatifs de la Nation et les seuls à mettre en avant également ceux des DOM-TOM. 

Pérols honore sur ses monuments aux morts les noms des disparus de deux grandes guerres contre un autre pays européen, l’Allemagne. Aucun habitant de Pérols n’est mort dans un autre conflit européen depuis 74 ans. Partagez-vous l’idée que c’est essentiellement grâce à l’Union Européenne comme l’affirme vos concurrents "européistes" à droite notamment ? 

Les européistes, qui sont avant tout des mondialistes, nous assènent à longueur de temps que « l’Europe, c’est la Paix ». C’est faux, l’Union européenne de Monsieur Juncker, des multinationales et des lobbyistes, c’est la guerre. Une guerre qui ne dit pas son nom. Une guerre économiques, commerciale, sociale, environnementale et civilisationnelle. Notre Europe ne se résume pas à un « grand marché de consommateurs » mais à des savoirs, des traditions, des métiers, des excellences qui méritent d’être défendus, sauvegardés et exportés. L’institution européenne plonge nos pays dans le chaos par idéologie dogmatique et par leur vision globaliste et mercantile du monde. La réussite de notre Europe des Nations et des Libertés viendra de nos coopérations, sur des projets stratégiques et choisis par les peuples, non par des commissaires non élus qui décident aujourd’hui pour les 28 États membres. Tout ce qui empoisonne votre quotidien aujourd’hui a été décidé hier par l’Union européenne. Tout ce qui obère votre avenir est décidé aujourd’hui à Bruxelles. Il est primordial d’envoyer au Parlement européen des députés qui défendront réellement les intérêts des Français. 

Le sentiment général des électeurs est que le Parlement européen n’a aucun pourvoir parce qu’aucune force de proposition. Vous avez été députée européenne durant presque 2 ans, en remplacement de Louis Aliot, faites-vous ce constat ? 

C’est vrai aujourd’hui, où la Commission européenne a l’initiative législative et est garante de l’application des Traités. Comme celui de Lisbonne, adopté contre l’avis des peuples. Mais au cours du prochain mandat, avec les forces qui se réveillent partout en Europe, nous avons l’occasion de redonner enfin le pouvoir au peuple. Avec nos alliés, nous sommes en train de rassembler un groupe important et influent pour impacter réellement la politique européenne. 

Pourtant l’Europe consacre 1,6 milliard d’euros pour la région Occitanie à travers 53 000 projets. 

Quand l’Europe distribue 1,6 milliards d’euros à la région Occitanie, c’est notre argent qu’il nous rend. Et encore, pas en totalité. Le budget de l’Europe tient sur les contributions des États membres. La France donne 21 milliards et en récupère 13, soit une perte de 9 milliards sur l’année. Tout cet argent, qui est en réalité celui du contribuable français devrait participer au développement de projets pour nos compatriotes. 

Quels seraient vos deux arguments majeurs pour convaincre l’électeur ou l’électrice de Pérols que l’Union Européenne influence son quotidien ? 

L’Europe est déjà dans leur assiette. Avec les Accords de Libre-échange passés par l’Europe avec le monde entier, ce sont des milliers de tonnes de produits à bas coût qui sont déversés sur nos territoires, des produits qui ne respectent pas les normes sanitaires que s’imposent nos producteurs, nos éleveurs et agriculteurs car il s’agit de notre santé. Tout cela sans traçabilité possible, au nom de la concurrence libre et non faussée. Cette idéologie globaliste et libre-échangiste encourage la surproduction qui déstabilise des zones entières du monde et détruit les ressources. En conséquence, cela créée dans certains pays d’Afrique notamment, des fermetures de petites exploitations, provoquant un chômage de masse et de facto, la migration de populations vers l’Europe. La boucle est bouclée. Aujourd’hui, le mondialisme est une réalité et la seule solution viable pratiquée par de nombreux pays est le protectionnisme intelligent. Il faut protéger nos emplois, notre alimentation, notre industrie, notre environnement et notre santé. Pour cela, il faut substituer au libre-échange le juste échange et encourager le localisme. C’est toute la base du projet que nous porterons au Parlement européen, avec nos nombreux alliés. 

Merci pour votre sollicitude


---------- Pérols ----------

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