Publicité


Interview du curé de Pérols

Hervé Dussel, prêtre de Pérols

Pâques approche, l'occasion toute trouvée d'aller interroger le curé de Pérols

1/ Un peu mot pour nous faire partager la tristesse de tous les catholiques face à l’incendie de la reine des cathédrales françaises ?

Je suis abasourdi, interloqué, "K.O." pour reprendre le mot de l’Archevêque de Paris. En plus, j’y ai concélébré une messe, il y a à peine dix jours maintenant avec le recteur. Quand je monte sur Paris pour un ou deux jours,  j’y vais régulièrement. Avec les paroissiens, nous y sommes allés pour le pèlerinage lors du 850e anniversaire de la Cathédrale de Paris.

2/ Avant de commencer, une question qui revient souvent, doit-on vous appeler «Pére», «Abbé» ou «Révérend» quand on vous croise dans les rues de Pérols ?

Le terme exact, c’est «Monsieur l’Abbé». «Père» c’est pour un religieux comme un franciscain, un bénédictin, un cistercien, etc… «Révérend» c’est aussi pour les religieux. Moi, je suis prêtre diocésain. Etant responsable d’une paroisse, on peut dire aussi «Monsieur le Curé». 

3/ Pour les neo-pérolien(nes) qui ne vous connaissent pas, comment avez-vous été amené sur le chemin de Dieu ? Quel a été votre parcours avant votre nomination à la tête des paroisses du littoral, en septembre 2012 ?

Je suis originaire de Pézenas. La question de ma vocation s’est déclenchée vers 14 ans, mais je suis entré au séminaire qu’à 23 ans, il a fallu donc 9 ans. Je suis d’un milieu catholique "basique", mes parents étaient peu pratiquants, catholiques de tradition pour faire simple. 
Une première nomination assez jeune à Clermont-l’Hérault, paroisse Saint-Paul-Cœur-d'Hérault qui regroupait 25 clochers de 35 villages, soit 25000 habitants pour une fréquentation moyenne de 500 paroissiens.

4/ Une nomination ensuite en bord de mer, n’importe quel laïc se sentirait chanceux, et vous ?

Pas plus chanceux ici qu’ailleurs. Je suis très heureux d’être en bord de mer mais j’étais très heureux aussi à Clermont-l’Hérault. Contrairement aux idées reçues, c’est plus contraignant le bord de mer car pendant l’été vous ne pouvez pas vous dire « je vais prendre un peu de repos », l’année liturgique ne faiblit pas avec l’arrivée des vacanciers. On estime que la population du littoral se multiplie par 10 et la fréquentation des clochers du bord de mer par 2. Moins à Pérols forcement qui n’est pas en bord de mer.

5/ Après plus de 6 ans de présence, comment dépeindriez-vous la paroisse du secteur Grand Montpellier Sud à un jeune novice pour l’encourager à venir ?

Je suis dans ma 7ième année pour être précis. Le bord de mer, justement, est un bon argument. La spécificité de la pastorale d’été est une bonne expérience à découvrir. La proximité de la grande ville aussi : l’effet d’entraînement avec le dynamisme des églises de Montpellier, est un atout. Je connais des jeunes couples qui vont régulièrement à Montpellier.

6/ Justement au sujet de la jeunesse, comment enrayer la raréfaction des jeunes sur les bancs des églises ? Scoutisme, patronage, colonies de vacances, … comment les réhabiliter ?

La vraie question, ce n’est "COMMENT" mais "QUI" s’en occupe ? Ce n’est pas qu’on ne veuille pas, c’est qui pour s’en occuper ? Déjà pour le ménage dans l’église de Pérols, ca ne se bouscule pas ! Pour nous reprocher de ne pas suffisamment en faire, il y aura toujours des gens. Si quelqu’un veut lancer une équipe de foot ou de rugby de la paroisse, allez-y, banco ! 
Nous ne sommes pas dépourvus pour autant, le diocèse dispose d’une école, d’une troupe de scouts à Palavas et d’une aumônerie qui organise des camps, comme en juillet prochain, avec Lascaux et le Futuroscope au programme.

6/ La Semaine sainte commence jeudi. Quelle est la fête la plus importante : Noël ou Pâques ? Comment expliquer aux profanes que célébrer une mort est plus importante qu’une naissance ?

En réalité, la Semaine Sainte a déjà commencé dimanche avec les Rameaux. 
A Pâques, on ne célèbre pas la mort mais au contraire la résurrection. On pourrait presque dire, en exagérant un peu, que Noël est au même niveau que le Vendredi Saint. Ce qui fait la foi du chrétien, ce n’est pas la mort de Jésus, ni sa naissance, ni son repas avec ses apôtres, ni l’Assomption de la Vierge,… Le chrétien croit que Jésus Christ, fils de Dieu, Messie, envoyé du Père, est ressuscité ! C’est le coeur de la foi !

7/ Un dernier mot ?

Je dois avouer que je suis bien meurtri par l’actualité :  Notre Dame de Paris, les affaires de pédophilie,… c’est un carême un peu douloureux cette année. Mais le motif d’espoir dans cette période, c’est le christ ressuscité.

Amen et merci à vous.

---------- Pérols ----------

0 commentaires: