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12 août, cette date totalement oubliée dans l’histoire de Pérols !

Richard D. Macon aviateur

Quand deux avions choisissent de s’écraser à côté du village afin d'éviter le pire, on est en droit de marquer d’une pierre blanche cette date dans le calendrier local pour ne pas l’oublier.

Le 12 août 1944, les pilotes américains Richard D. Macon et Joseph E. Gordon viennent d’être touchés à bord de leurs avions respectifs par la défense antiaérienne allemande dans le ciel de Pérols ; ils n’ont plus le choix dans cette situation : trouver un endroit non habité pour s’écraser. 

Richard D. Macon a le plus de chance, avant de sauter en parachute, il réussit à pointer son avion en feu vers le poste de commandement ennemi tuant 45 officiers et soldats allemands. Temporairement paralysé des membres inférieurs, il est fait prisonnier puis relâcher après la guerre. Il meurt chez lui à Détroit le 9 octobre 2007, âgé de 86 ans.

Son compatriote Joseph E. Gordon a moins de chance et s’écrase avec son appareil. Il fut d'abord enterré à Lattes puis transféré au cimetière américain d'Épinal dans les Vosges.

Il est 10h45 ce matin du lundi 14 août 1944 quand les péroliens aperçoivent ébahis une 10aine d’avions passer en rase-mottes au-dessus du village à pleine vitesse, direction le Domaine de Causse. La sirène n’a pas retenti comme à l’habitude car ce n’est pas un bombardement de haute altitude. Cette fois les Américains ont décidé d’en finir définitivement avec la station radar prés du Mas de Causse, reconstruite après chaque bombardement, (>> voir article) par une frappe chirurgicale au sol. 

Si les péroliens ont eu l’œil, ils ont peut-être aperçu la queue rouge des appareils, signe distinctif des terribles P-51C Mustangs pilotés par les légendaires Tuskege Airmen, ces pilotes exclusivement noirs-américains dont l’emblème possède une panthère noire. Voir le film "Red Tails" produit par George Lucas en 2012.

L’endroit précis où les deux avions ont été touchés dans le ciel est difficile à déterminer, il est fort à parier qu’il se situe à la limite de Pérols car la principale batterie antiaérienne de protection du radar était au Fenouillet. De plus, les avions arrivaient par le sud-est en provenance de leur base italienne de Ramitelli, il valait mieux surgir de derrière le village de Pérols pour ne pas être à découvert trop tôt.

L’opération fut un succès malgré la perte de Joseph E. Gordon. La destruction du radar a largement facilité le débarquement en Provence, trois jours après, le 15 août.

74 ans après, ni la commune de Lattes ni celle de Pérols n’ont trouvé utile de baptiser une de leur rue du nom de ce valeureux pilote afro-américain venu mourir dans nos champs pour notre liberté, dont la dernière image a probablement était celle de nos clochers de villages.

Il y a bien une stèle commémorative dans le cimetière Saint-Jean, en face du Mas de Couran, inaugurée en 2011, mais j’ai eu du mal à la trouver isolée dans son coin à l’entrée prés d’un mur.

Il m’a fallu pousser des herbes hautes devant pour prendre la photo. No comment…

Joseph E. Gordon Lattes


--------- Pérols ----------

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